E-HEALTH

Technologie et santé =

le mix parfait

L’influence sur les soins de e-santé des nouvelles technologies telles que l’IA et le machine learning est énorme. Des caméras qui posent un premier diagnostic sur base de la température corporelle : explications d’Ivo Haagen, expert cloud. Ensuite, Chris Houtmeyers, patient diabétique, explique comment une pompe à insuline automatique optimise le traitement.

LE RÔLE DU CLOUD DANS L'E-SANTÉ

Allons-nous bientôt opérer à distance ?

Comment les technologies telles que l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique (machine learning) font-elles avancer l'e-santé et quel est le rôle du cloud à cet égard ? Réponse d'Ivo Haagen, Product Manager Cloud chez Proximus.

Le cloud : évolution ou révolution ? Ivo Haagen, Product Manager Cloud chez Proximus : “La migration dans le cloud est toujours plus importante pour la disponibilité illimitée des applications ou programmes. Le cloud public joue un rôle primordial à cet égard. Mais l'évolution est lente. Surtout en Belgique, pays très conservateur. Sous la pression des grandes pointures du cloud, les entreprises s'activent plus que jamais à préparer leurs applications pour la migration.” Nouvelles technologies et protection des données personnelles Les nouvelles technologies s'accompagnent de la production et du stockage d'énormes quantités de données. Ceci doit se faire conformément aux nouvelles règles en matière de protection des données. Ivo Haagen : “C'est un fait, même si la confidentialité des données a toujours été importante. C'est la manière d'utiliser les données qui a changé. Les applications sont intégrées, et l'utilisateur ne doit se connecter qu'une seule fois. La fiabilité avec laquelle les données sont collectées doit être optimale.” Ivo : “C'est pourquoi les nouvelles technologies évoluent en partie en fonction de la protection des données et de la confiance de l'utilisateur final. L'authentification multiple se développe, tout comme la biométrie (scans oculaires, empreintes digitales, etc.). La responsabilité de la protection incombe en partie à l'utilisateur final, qui peut télécharger, modifier et supprimer ses données.” Protection des données Proximus respecte toutes les réglementations en matière de protection de la vie privée et des données personnelles. Les données sont enregistrées dans un système fermé. “Les ingénieurs du cloud doivent quand même y accéder. Elles sont donc anonymisées : elles restent disponibles dans le cloud public, mais les noms des patients sont remplacés par des numéros. Elles peuvent donc servir à des calculs, sans que l'identité du patient ne soit révélée”, précise Ivo Haagen.

IVO HAAGEN est Azure Practice Lead Benelux. Il vous assiste dans votre transformation digitale et votre migration dans le cloud. À travers ses passages chez Cronos Groep, Xylos et itnetX Belgium, il s'est forgé une expérience dans le domaine du cloud public.


Caméras intelligentes, technologie vocale et reconnaissance faciale Plusieurs technologies sont en cours de développement, notamment les opérations à distance au moyen de robots. Azure Kinect est un autre exemple d'innovation. Cette caméra intelligente de Microsoft est capable de détecter des schémas moteurs à l'aide de son intelligence artificielle et de l'apprentissage automatique. Ivo Haagen : “Par exemple, elle ouvre et ferme les portes automatiquement dans les unités qui accueillent les personnes démentes. Lorsqu'un patient menace de fuguer, la caméra avertit les intervenants concernés. Grâce à la technologie vocale et à la reconnaissance faciale, Cortana, un assistant numérique, s'adresse aux patients déments avec une voix familière afin de leur rappeler de prendre leurs médicaments, laissant au personnel soignant plus de temps pour prodiguer d’autres soins de qualité.” Suivi automatique des médicaments Proximus permet aussi de suivre la prise de médicaments via un smartphone, de la prescription à la prise, en passant par la commande. “Cela permet de mesurer avec beaucoup plus de précision l'efficacité des médicaments en comparant leurs effets réels et visés. Le médecin peut également vérifier que les médicaments sont pris au bon moment. Un patient atteint d'Alzheimer peut recevoir des rappels. Ou consulter son smartphone pour voir si un effet secondaire est normal ou pas.” Les possibilités et avantages sont légion.

“LE SUIVI AUTOMATIQUE DES MÉDICAMENTS COMPORTE ÉNORMÉMENT DE POSSIBILITÉS ET D'AVANTAGES DONT NOUS NE CONNAISSONS QU'UNE PETITE PARTIE.”

Ivo Haagen, Product Manager Cloud chez Proximus

Mener une vie normale grâce à une pompe à insuline automatique

Quelle influence les technologies intelligentes peuvent-elles avoir sur le traitement du diabète ? Chris Houtmeyers, Customer Solution Architect chez Proximus, lui-même diabétique, sait comme nul autre combien la technologie peut changer et améliorer le traitement de la maladie. Qu'est-ce que le diabète et quelles formes peut-il prendre ? Chris Houtmeyers : “Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un dérèglement de la glycémie. Dysfonctionnel, le pancréas ne produit pas ou pas assez d'insuline, l'hormone qui permet au corps d'assimiler le sucre dans le sang. Le patient diabétique doit constamment chercher le juste équilibre entre sucres ingérés, activité physique et doses d'insuline. Ce suivi est fastidieux et change de jour en jour. Chris : “Il y a deux types de diabète. Dans le type 1, celui dont je souffre, le corps produit trop peu ou plus du tout d'insuline. Le patient doit s'injecter de l'insuline plusieurs fois par jour, ou porter une pompe à insuline. Dans le type 2, le pancréas produit encore de l'insuline, mais plus en suffisance. Quels sont les traitements possibles ? Chris : “La glycémie se mesure traditionnellement par une piqûre au bout du doigt. Problème : la mutuelle ne rembourse que quatre de ces glycémies capillaires par jour, ce qui n'est pas suffisant pour un suivi optimal." "Avec un système de monitoring continu de la glycémie, un capteur mesure la quantité de glucose dans le tissu interstitiel toutes les cinq minutes, soit 288 fois par jour. Ceci permet au patient de suivre l'évolution de sa glycémie et de prévoir ses besoins en insuline. Il peut aussi régler des alarmes qui l'avertissent en cas d'hyper ou d'hypoglycémie. L'inconvénient de la mesure en continu est qu'elle est différée : la valeur qui s'affiche représente la glycémie d'il y a 15 minutes.” Chris : “L'insuline peut être auto-injectée. Il existe des insulines lentes, qui agissent pendant 24 heures, et des insulines rapides qui font effet dans les 20 à 30 minutes. Les pompes délivrent en continu une dose d’insuline rapide qui peut être paramétrée par le patient. Les pompes de dernière génération telles que les systèmes en circuit fermé hybrides mesurent la glycémie en continu et adaptent automatiquement la dose d'insuline libérée. Ces systèmes sont dits hybrides parce que le patient doit encore s'injecter de l'insuline rapide via sa pompe avant chaque repas pour permettre l'assimilation des sucres ingérés.”

CHRIS HOUTMEYERS est Customer Solution Architect chez Proximus. Il a démarré sa carrière il y a 30 ans chez Telindus, où il était responsable de la transmission de données. Il est resté en poste après la reprise par Belgacom puis le changement de nom vers Proximus. Aujourd'hui, il développe des solutions sur mesure pour les entreprises.


“Les pompes de demain régleront tout automatiquement, ce qui permettra aux patients diabétiques de mener une vie normale.”
Chris Houtmeyers, Customer Solution Architect chez Proximus

Quel rôle la technologie peut-elle jouer dans les traitements ? Chris : “Une personne diabétique doit prendre chaque jour +/- 180 décisions de plus qu'un non-diabétique. Ce fardeau est quelque peu allégé par les pompes à insuline. La prochaine génération fonctionnera en circuit fermé intégral, ce qui veut dire que la pompe réglera tout automatiquement, permettant au patient de mener une vie normale. Le pancréas bionique ou artificiel va encore plus loin en décidant automatiquement quand le corps a besoin d'insuline ou de son antagoniste, le glucagon. Les deux systèmes sont en attente d'agrément.”

“ON ÉVOLUE VERS UN SUIVI INTÉGRAL À DISTANCE QUI COÛTERA BEAUCOUP MOINS CHER À LA SOCIÉTÉ QUE LES CONSULTATIONS ET LE TRAITEMENT DES COMPLICATIONS.”

Chris Houtmeyers, Customer Solution Architect chez Proximus


Comment les données sont-elles échangées entre patients et médecins ? Chris : “La pompe à insuline est connectée au cloud, où elle télécharge automatiquement ses relevés. Ces transferts de données sont chiffrés. Le patient peut décider qui peut voir ses données. À l'hôpital Gasthuisberg de Leuven, par exemple, la plateforme diabète Medtronic est reliée au dossier patient informatisé. Résultat : les médecins et endocrinologues disposent toujours des données les plus récentes, ce qui leur permet d'effectuer une surveillance à distance. Ils peuvent également consulter des rapports pour vérifier que le diabète de leur patient est bien équilibré.”

Y a-t-il des obstacles ? Chris : “Aucune technologie n'est infaillible. De temps en temps, le patient devra quand même intervenir et se piquer au bout du doigt s'il voit que le relevé ne correspond pas à ses symptômes. L'industrie doit développer des capteurs plus rapides et plus fiables afin d'espacer les glycémies capillaires et recalibrages manuels de la pompe. La gestion de la pompe demande encore toujours un effort de la part du patient, mais les avantages dépassent clairement les inconvénients.”

LES AVANTAGES POUR LES MEDECINS

Plus d’efficacité

Suivi à distance, le patient doit moins venir en consultation

Amélioration des produits pharmaceutiques grâce aux données

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