DOUBLE INTERVIEW

Les outils digitaux révèlent le talent et le besoin de se former

Le monde digital s’infiltre partout dans l’entreprise, que ce soit entre collègues ou entre clients et collaborateurs. Le travail s’effectue davantage en fonction des objectifs et avec l’appui d’outils digitaux.

Tania Pittoors : “Les outils digitaux nous permettent de travailler plus efficacement en accroissant la flexibilité, en simplifiant la coordination avec les collègues et les clients, et en facilitant la collaboration. Ces échanges passent de plus en plus par des écosystèmes qui réunissent non seulement les collègues, mais aussi les collaborateurs free-lance et d’autres partenaires. Ces outils renforcent l’implication, car il est plus facile de poser des questions et de lancer des idées par le biais d’un portail ou d’un groupe de discussion. Les talents des collaborateurs sont mieux mis en valeur, car ceux-ci peuvent montrer et partager leur travail plus facilement. Les outils digitaux requièrent aussi un autre style et d’autres compétences de leadership. Le manager donne plus d’autonomie au collaborateur, qui travaille en fonction d’un résultat. On observe généralement que les collaborateurs sont vite dépassés quant à leurs aptitudes et compétences, ce qui accroît le besoin en formation continue."

Jan Van Acoleyen : “Nous avons toujours été des précurseurs dans le domaine du télétravail et de l’espace de travail digital. Si les outils et l’environnement en constituent le point de départ, il s’agit fondamentalement d’une nouvelle manière de travailler et de diriger. La crise sanitaire a accéléré le processus, mais a aussi enclenché l’état d’alerte maximale. Tout le monde s’est mis à travailler à domicile à l’aide d’outils comme Teams et Skype. D’autres éléments ont également gagné en importance, comme l’implication de l’équipe et le rôle de son responsable. En fin de compte, le travail à distance repose sur la confiance et les résultats, et non sur le contrôle du personnel. On observe aussi que les télétravailleurs apprécient d’atteindre des objectifs ensemble. Cet aspect social du travail est fondamental."

TANIA PITTOORS Tania Pittoors a étudié la philologie classique à l’Université de Gand. Elle a commencé sa carrière chez Procter & Gamble avant de travailler pendant 11 ans chez Accenture. Elle exerce la fonction de Head of People & Change chez KPMG depuis 2017.


“Les travailleurs ne s’attendent plus à faire toute leur carrière dans la même firme. Cela ne nous empêche pas d’investir en eux, car nous avons besoin de bons ambassadeurs de notre entreprise.”
Tania Pittoors

Vivier de talents

Les nouvelles technologies exigent des profils spécifiques. Comment une entreprise peut-elle attirer et fidéliser les profils dont elle a besoin ? Jan : “Nous travaillons avec un vaste plan de formation interne, basé sur trois éléments .

  1. Des connaissances digitales de base pour tous les collaborateurs : les employés administratifs, les techniciens, les commerciaux et les agents du call center.
  2. L'upskilling : chacun peut élargir ses connaissances et compétences.
  3. Le reskilling : les collaborateurs ont la possibilité de se reconvertir. Nous avons beaucoup de postes vacants dans des domaines comme le marketing digital, l’ingénierie des données et la sécurité. Pour les combler, nous recrutons et nous proposons à nos collaborateurs de changer de fonction grâce au reskilling.”

Tania : “La toute grande majorité des entreprises recherchent les mêmes profils d’experts digitaux. Avant la crise sanitaire, on assistait à une guerre des talents sans précédent. KPMG aborde ses besoins en profils spécifiques autrement. Nous développons notre organisation pour apprendre de notre expérience et offrir à nos collaborateurs un cadre inspirant qui soutient leur formation. L'employer branding est crucial dans ce cadre. Notre manière de nous présenter au public doit correspondre à la réalité. Nous constatons que la nouvelle génération de collaborateurs montre un réel intérêt pour tout ce qui touche à la responsabilité sociétale de l’entreprise. Ils veulent un travail qui a du sens et qui leur permet d’apporter leur contribution au monde. Mais ils ne s’attendent pas à faire toute leur carrière dans la même firme. Cela ne nous empêche pas d’investir en eux, car nous avons besoin de bons ambassadeurs de notre entreprise.”

JAN VAN ACOLEYEN a étudié la pédagogie à la KU Leuven. Après avoir exercé diverses fonctions de RH dans des entreprises comme Alcatel, Agfa-Gevaert et Barco pendant 28 ans, il a rejoint Proximus en 2016 au titre de Chief HR Officer.


En quête d’équilibre

Cette nouvelle génération de digital natives ne crée-t-elle pas une rupture sur le marché de l’emploi ? Comment l’entreprise gère-t-elle l’importance croissante de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ? Tania : “Si les digital natives voient parfois les choses autrement, c’est plus lié à la phase de vie dans laquelle ils se trouvent qu’à leur appartenance à cette génération. Ils sont prêts à troquer une partie de leur salaire contre des jours de congé supplémentaires pour pouvoir voyager tant qu’ils n’ont pas d’enfant. Et ceux qui veulent des enfants souhaitent de la souplesse pour s’adapter aux horaires scolaires. Nous offrons un régime flexible à nos collaborateurs, qui peuvent choisir eux-mêmes ce qui les intéresse : valeur de la voiture de société, budget mobilité pour les transports en commun, vélo en leasing, etc. Ne pas utiliser sa voiture de société donne droit à un incentive de 10 euros par jour. Cette initiative s’inscrit dans notre objectif de réduire chaque année nos émissions de CO₂. C’est ainsi que nous avons parcouru 2,36 millions de km en moins en voiture en 2019. Nous visons encore un million de km en moins en 2020.”

Jan : “Le besoin d’un nouvel équilibre n’est pas tant le fruit de la nouvelle génération, mais plutôt de notre époque. Jadis, le travail primait. De nos jours, les collaborateurs recherchent un bon équilibre, ils veulent plus de liberté de choix. Nous essayons de répondre à ces attentes, notamment avec notre plan mobilité. La plupart de nos collaborateurs ont en outre la possibilité de travailler deux jours par semaine à la maison et nous leur offrons plusieurs formules de travail à temps partiel. À l’heure actuelle, les collaborateurs sont aux commandes, ils définissent eux-mêmes la place qu’ils accordent au travail dans leur vie.”

Quels sont les outils les plus utilisés aujourd’hui dans vos entreprises ?

1

Des outils de collaboration et de gestion de projet

2

La gamification pour un recrutement des profils adéquats

3

Une plateforme média interne qui permet à tous les collaborateurs d’interagir

4

La visioconférence

Accès aisé

L’utilisation de ces outils requiert souvent de nouvelles compétences. Comment l’entreprise y prépare-t-elle ses collaborateurs ? Tania : “Les outils de dernière génération sont très intuitifs et exigent peu de formation. Le temps des longs manuels est révolu, nous privilégions les courtes vidéos et les learning nuggets, ces capsules où le collaborateur acquiert une notion précise pour un outil déterminé. Dans la mise en œuvre d’un outil, nous ne pouvons jamais perdre de vue le volet ‘gestion du changement’. Pour garantir qu’un outil sera bien accueilli, nous devons impliquer les collaborateurs dans son développement. Ils n’adopteront une solution que s’ils sont convaincus de son utilité et des avantages qu’elle offre.”

“NOUS SOMMES UNE ENTREPRISE DE SERVICES DIGITAUX, NOTRE CŒUR DE MÉTIER EST DE CONNECTER LES CITOYENS. NOS COLLABORATEURS Y ATTACHENT AUSSI BEAUCOUP D’IMPORTANCE.”

Jan Van Acoleyen


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