COVID-19

L’ère de

l'espace de travail digital

La crise sanitaire a frappé l’économie belge de plein fouet et n’a pas épargné le marché du travail. Professeur Stijn Baert, économiste du travail, y voit des opportunités pour les entreprises prêtes à adopter le lieu de travail digital.

Pour le professeur Stijn Baert, économiste du travail et membre du comité de relance flamand, se préparer aux conséquences de la crise est plus important qu’essayer de les prédire. “Si, par le biais d’investissements publics ciblés, les autorités parviennent à aider les entreprises en difficultés à garder la tête hors de l’eau, cela limitera le nombre de demandeurs d’emploi supplémentaires. Mais si les interventions sont moins adéquates, je pense par exemple à la politique fédérale de distribution de chèques, je crains des répercussions plus lourdes sur les chiffres du chômage. Cette crise n’est pas un cadeau pour l’emploi.” Inversion des rôles sur le marché de l’emploi “À court et à moyen terme, je présage que les rapports de force vont changer sur le marché de l’emploi, au détriment des travailleurs. Nous sortons d’une période de pénurie sur le marché de l’emploi, avec de nombreuses offres et peu de candidats potentiels. Le travailleur était donc en position de force. Cela risque de changer, les chercheurs d’emploi devront se montrer moins exigeants qu’autrefois.” Le télétravail s’intensifie “La place que le télétravail conservera est une autre conséquence importante de cette période mouvementée. Les travailleurs sont généralement très enthousiastes vis-à-vis du télétravail. Ils sont moins stressés et plus concentrés sur leurs tâches, leur équilibre travail / vie privée s’améliore, etc. On constate aussi que bon nombre d’entreprises ont consenti à très court terme des investissements qui ont permis à un grand nombre de travailleurs de pratiquer le télétravail. Dans d’autres circonstances, le processus aurait été progressif et étalé sur plusieurs années. La crise a eu pour effet positif d’accélérer cette adoption généralisée.”

PROFESSEUR STIJN BAERT Depuis 2015, le professeur Stijn Baert travaille à temps plein en tant qu'économiste du travail à l'Université de Gand. Il est également professeur à l'Université d'Anvers, à l'Université Catholique de Louvain, à l'Organisation mondiale du travail (GLO), à IMISCOE et à l'Institut d'économie du travail (IZA). Stijn a obtenu une maîtrise en sciences informatiques de l'Université de Gand en 2006, une maîtrise en sciences économiques en 2008 et en 2013 un doctorat.


“Plus que jamais, redéfinir sa carrière en cours de route sera bientôt la norme.”
Stijn Baert

Les nombreux avantages du télétravail “N’oublions pas non plus les nombreux avantages indirects du télétravail. Il requiert moins de déplacements, ce qui est tout bénéfice pour l’environnement, mais aussi pour l’employeur, qui appréciera la réduction des coûts. Ce dernier n’a également plus besoin de locaux aussi spacieux, ce qui représente une autre belle économie. Je pense que nous sommes réellement entrés dans l’ère du lieu de travail digital : travailler en tout lieu et à tout moment grâce aux possibilités offertes par la technologie.” Reconversion et formation : la nouvelle norme “Un troisième grand changement se profile : nous devrons nous réinventer constamment. La reconversion et le suivi de formations n’ont jamais été autant d’actualité. Notre culture du travail devra se transformer profondément. Chaque année, Eurostat réalise une enquête sur le nombre de travailleurs ayant suivi une formation dans les quatre semaines précédant ladite enquête. Chez nous, 8 % des participants répondent positivement. Dans les pays scandinaves, ce pourcentage peut grimper jusqu’à 20, voire 30 %. Ces chiffres montrent clairement le potentiel de la reconversion.”

QUELLE SERA LA NOUVELLE NORME DANS LE MONDE DE CARREFOUR ET DUCO ?

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